Aller au contenu

Septembre : la rentrée, choisissez un programme et tenez-le quatre semaines avant de juger.Septembre : quatre semaines pour juger

Squat au poids du corps : corriger sa technique

Genoux qui rentrent, talons qui décollent, dos qui s'arrondit : les défauts courants du squat à la maison, comment les repérer et les corriger avec des exercices simples.

Portrait de Inès LacroixPar Inès LacroixRédactrice prévention et mobilitéExercices

Femme en tenue de sport qui réalise un squat dans un salon

5 min de lecture

Mis à jour le 26 juin 2026

Beaucoup de genoux et de bas de dos deviennent douloureux chez les personnes qui s’entraînent à la maison. Le squat est souvent en cause, non pas parce que c’est un mauvais exercice, mais parce que personne ne les a regardées le faire. Chez soi, sans miroir ni œil extérieur, les petits défauts se répètent des centaines de fois.

Le squat au poids du corps est pourtant l’un des meilleurs exercices que l’on puisse faire dans un salon. Il sollicite les cuisses, les fessiers, le tronc, et il ressemble à un geste du quotidien : s’asseoir et se relever. Voici comment le corriger, défaut par défaut.

Le squat de référence, en quatre étapes

Avant de corriger, il faut connaître le geste de départ. Prenez le temps de le faire au ralenti, idéalement face à un miroir ou en vous filmant de face puis de profil.

  1. Position des pieds. Écartés à peu près à la largeur des épaules, pointes légèrement ouvertes, entre 10 et 30 degrés selon votre morphologie. Il n’y a pas de position parfaite : la bonne est celle où vous descendez sans gêne.
  2. Amorce. Poussez les hanches vers l’arrière comme pour vous asseoir sur une chaise, tout en pliant les genoux. Le buste s’incline naturellement vers l’avant.
  3. Descente. Descendez jusqu’à la profondeur que vous contrôlez, cuisses parallèles au sol si possible, sans que le bas du dos ne s’arrondisse.
  4. Remontée. Poussez le sol avec l’ensemble du pied, expirez, et revenez en gardant les genoux dans l’axe des pieds.

Les genoux qui rentrent

C’est le défaut le plus courant. Au moment de remonter, les genoux se rapprochent l’un de l’autre. Il vient le plus souvent d’un manque de force dans les muscles latéraux des hanches, ou d’un pied qui s’effondre vers l’intérieur.

Pour corriger, placez un élastique léger juste au-dessus des genoux et poussez contre lui pendant le mouvement. Vous sentez immédiatement le travail des fessiers. Autre astuce : imaginez que vous écartez le sol avec vos pieds. Travaillez aussi les ponts fessiers et les marches latérales avec élastique, des exercices calmes qui renforcent la zone.

Les talons qui décollent

Quand les talons se soulèvent, le poids part vers l’avant et les genoux prennent tout. La cause fréquente est une cheville peu mobile, parfois un mollet raide.

Pour vérifier, faites le test du mur : pieds à dix centimètres du mur, genou qui vise le mur sans que le talon ne se soulève. Si vous n’y arrivez pas, mobilisez la cheville chaque jour avec ce mouvement, dix répétitions de chaque côté, puis glissez une plaque fine ou un livre sous les talons le temps d’améliorer la souplesse. C’est une solution transitoire, pas une béquille pour toujours.

Le dos qui s’arrondit en bas de mouvement

Ce phénomène est souvent appelé « clin d’œil pelvien » : au fond du squat, le bassin se rétracte et le bas du dos s’arrondit. Il apparaît quand on descend plus bas que sa mobilité de hanche ne le permet.

La solution est simple : arrêtez la descente juste avant l’apparition de l’arrondi. Vous gagnerez en profondeur avec le temps, en travaillant la mobilité des hanches. Le squat gobelet, où l’on tient un poids devant la poitrine, aide beaucoup : le contrepoids permet de garder le buste droit. Le squat sur chaise, où l’on effleure l’assise sans s’y poser, fixe aussi une profondeur constante.

Les erreurs de rythme et de respiration

Deux autres défauts se glissent dans les séries longues.

  • Descendre en chute libre. On rebondit en bas au lieu de contrôler. Comptez deux secondes à la descente.
  • Retenir sa respiration. Inspirez en descendant, expirez en remontant. Bloquer le souffle fait monter la pression et donne des vertiges.
  • Accélérer quand on fatigue. Dès que la technique se dégrade, arrêtez la série. Une répétition sale ne sert à rien.

Les exercices correctifs à glisser dans la semaine

Corriger un squat ne se limite pas à répéter le squat. Trois exercices courts, placés en fin de séance ou en échauffement, font une vraie différence en quelques semaines.

  • Le pont fessier : trois séries de douze, en marquant une pause d’une seconde en haut. Il réveille les fessiers, qui stabilisent les genoux.
  • La marche latérale avec élastique : dix pas dans chaque sens, genoux légèrement fléchis. Elle renforce les muscles latéraux de la hanche.
  • Le squat maintenu en bas : tenez la position la plus basse confortable pendant vingt à trente secondes en vous tenant à un support. Elle améliore la mobilité des hanches et des chevilles sans forcer.

Pratiquez-les deux à trois fois par semaine, sans chercher la fatigue. L’objectif est de réapprendre au corps une position propre, pas de l’épuiser. Après trois ou quatre semaines, refaites le test de la vidéo de face et de profil : vous verrez souvent que les genoux restent mieux alignés et que la profondeur augmente d’elle-même, sans effort supplémentaire.

Si vous avez déjà eu une entorse de cheville ou une douleur de genou, allez-y encore plus doucement et diminuez l’amplitude au départ. Le squat partiel vaut mieux que le squat profond qui fait mal.

Une progression pour un squat solide

Ne cherchez pas à ajouter des répétitions à l’infini. Une fois que vous faites quinze squats propres, changez de variante.

Niveau Variante Repère
Débutant Squat sur chaise 3 séries de 10
Intermédiaire Squat libre avec pause en bas 3 séries de 12
Avancé Squat gobelet ou bulgare 3 séries de 8 à 10 par jambe

Pour intégrer ces variantes dans une semaine, le programme haut et bas du corps propose des séances complètes. Et si vous vous entraînez depuis peu, relisez les cinq erreurs de débutant : le repos trop court et l’absence d’échauffement y sont détaillés.

Quand consulter

Le squat est un mouvement naturel, mais chaque corps a ses limites du moment. Un squat correct pour une personne peut être inadapté pour une autre, selon la longueur des jambes, la mobilité des hanches ou des antécédents de blessure. Ne cherchez donc pas à copier une image parfaite, cherchez un geste stable et sans douleur.

Une gêne légère et brève qui disparaît en quelques minutes n’est généralement pas inquiétante. En revanche, consultez si vous ressentez une douleur vive dans le genou, un blocage, une sensation d’instabilité, un gonflement, ou une douleur du dos qui descend dans la jambe. Ne continuez pas à serrer les dents en espérant que cela passe.

Avant de reprendre, faites-vous observer par un professionnel de santé ou un coach qualifié, ou enregistrez une vidéo de côté et comparez-la aux étapes ci-dessus. Pour l’échauffement des hanches et des chevilles avant le squat, la routine de l’échauffement de cinq minutes donne des mouvements adaptés.

Le squat bien fait ne devrait jamais faire mal. Il doit fatiguer les cuisses et les fessiers, pas les genoux ni le dos. Si c’est le cas, c’est le signal que quelque chose dans le geste ou dans la charge est à revoir.

L'auteur

Inès Lacroix

Rédactrice prévention et mobilité

J'écris sur la prévention des blessures, avec un regard tourné vers le geste : comment repérer une mauvaise position et la corriger avant qu'elle ne devienne douloureuse. Mes textes ne remplacent pas un avis médical.

Voir tous ses articles

Votre avis compte

Cet article vous a-t-il été utile ?

Votre note

Commentaires

Soyez le premier à réagir.

Fitness Maison

Et maintenant, on lit quoi ?

Cherchez parmi les articles du magazine.